Clémentine, 23 ans, Strasbourg
J'avoue, j'ai mis les pieds dans ce nouvel environnement un peu réticente, comme à chaque nouvelle porte qui s'ouvre, j'analyse ce qui m'arrive en me soumettant le pire, histoire d'entamer la chose avec entrain.
Je me souviens de mes premiers sentiments pour ce travail, je détestais ce que j'y faisais, les gens autour de moi, cette ambiance de 'démerde toi' et cette façon étrange de manquer à tel point d'organisation. Ironie du sort pour une association privée de ce type.
Bref. Tu n'étais personne. Un sourire ou même une ombre ? A vrai dire je ne sais même pas si l'on se croisait souvent. Alors comment, comment ai-je pu en arriver là ?
Comment cette même personne, ce même coeur en toi, pouvait ne pas m'adresser la parole de la journée, sans même que j'y prête attention, tomber malade, et ne pas le remarquer, et des semaines plus tard, être le centre de mes pensées ?
J'avoue, je ne sais pas qui tu es. Tu n'es peut-être qu'un être créé de toutes pièces par mon imagination.
Je n'ai qu'un tiroir de moments désormais classés aux archives dans mon esprit.
On s'est souvent accroché, gentillement, mais tes "Qu'est-ce que ça peut bien te foutre ?", tes deux mains autour de mon cou, "Sache que tu n'avais qu'un mot à dire pour que je bondisse tel un loup sur sa proie", toutes ces fois où tu manifestais une once de susceptibilité et de rancune... C'était quoi... cette bestialité, c'était quoi... A quoi ça sert ? A quoi ça sert, si ta gonzesse partage le même étage qui plus est... Dis moi seulement...
A quoi ça sert...
Je venais travailler en sautillant.. C'était même moi qui réveillait mon réveil.
J'avoue, postuler pour cet autre job était peut-être ce qu'il me restait de mieux à faire. Je me croyais sorti d'affaire.
Sorti de mon champ de vision, sorti de mon esprit.
Bon sang, j'étais loin de m'imaginer que le commerce est un terrain d'ennui qui me laisse grandement le temps de penser et repenser à toi...
Partir sans préavis, c'était pour moi comme me retrouver à l'étranger sans pouvoir dire au revoir à ma famille. Inconcevable. Et douloureusement.
Pourtant, je n'ai pas changé de ville. Et c'est peut-être encore bien pire...
Combien de fois j'ai eu l'envie de m'arranger pour te croiser.. Combien de fois je me suis dis que mes envies sont vaines et qu'il est meilleur pour ma santé mentale de capituler. Capituler à l'idée de t'avoir un jour. Capituler à l'idée de vouloir te voir. T'avoir. Capituler à la simple idée de toi.
"Tu m'as manqué", m'as-tu dis la dernière fois en me serrant dans tes bras... Tu es l'une des pires souffrances qu'il m’ait été donné de rencontrer jusqu'à ce jour.
Tu as ta vie, ton foyer, tes biens, une femme ou simplement une copine qui partage ta vie personnelle jusqu'à ta vie professionnelle.
La mienne est à construire. Mon permis est à passer. Je ne suis rien. Personne. Et même ce CDI m'est égal.
Tu es probablement un quadra, et moi une minette qui s'apprête à fêter sa 24ème bougie.
Tout nous oppose en somme.
Tu écoutes The Cure, je raffole de R&B. Mais je me fiche de tout ça. Je suis prête à écouter ta musique androgyne, à me mettre à lire des BD pour interpréter tes dessins. Je suis prête à me prendre en main. A voir l'avenir, à me projeter. Je suis prête à cesser de fuir. Et pour la première fois, je suis prête à dire à quelqu'un à haute voix, "c'est toi que je veux". Je suis prête à me faire mal pour te rendre heureux A. Si seulement tu savais le germe de tendresse que j'ai en moi...
Je me souviens de mes premiers sentiments pour ce travail, je détestais ce que j'y faisais, les gens autour de moi, cette ambiance de 'démerde toi' et cette façon étrange de manquer à tel point d'organisation. Ironie du sort pour une association privée de ce type.
Bref. Tu n'étais personne. Un sourire ou même une ombre ? A vrai dire je ne sais même pas si l'on se croisait souvent. Alors comment, comment ai-je pu en arriver là ?
Comment cette même personne, ce même coeur en toi, pouvait ne pas m'adresser la parole de la journée, sans même que j'y prête attention, tomber malade, et ne pas le remarquer, et des semaines plus tard, être le centre de mes pensées ?
J'avoue, je ne sais pas qui tu es. Tu n'es peut-être qu'un être créé de toutes pièces par mon imagination.
Je n'ai qu'un tiroir de moments désormais classés aux archives dans mon esprit.
On s'est souvent accroché, gentillement, mais tes "Qu'est-ce que ça peut bien te foutre ?", tes deux mains autour de mon cou, "Sache que tu n'avais qu'un mot à dire pour que je bondisse tel un loup sur sa proie", toutes ces fois où tu manifestais une once de susceptibilité et de rancune... C'était quoi... cette bestialité, c'était quoi... A quoi ça sert ? A quoi ça sert, si ta gonzesse partage le même étage qui plus est... Dis moi seulement...
A quoi ça sert...
Je venais travailler en sautillant.. C'était même moi qui réveillait mon réveil.
J'avoue, postuler pour cet autre job était peut-être ce qu'il me restait de mieux à faire. Je me croyais sorti d'affaire.
Sorti de mon champ de vision, sorti de mon esprit.
Bon sang, j'étais loin de m'imaginer que le commerce est un terrain d'ennui qui me laisse grandement le temps de penser et repenser à toi...
Partir sans préavis, c'était pour moi comme me retrouver à l'étranger sans pouvoir dire au revoir à ma famille. Inconcevable. Et douloureusement.
Pourtant, je n'ai pas changé de ville. Et c'est peut-être encore bien pire...
Combien de fois j'ai eu l'envie de m'arranger pour te croiser.. Combien de fois je me suis dis que mes envies sont vaines et qu'il est meilleur pour ma santé mentale de capituler. Capituler à l'idée de t'avoir un jour. Capituler à l'idée de vouloir te voir. T'avoir. Capituler à la simple idée de toi.
"Tu m'as manqué", m'as-tu dis la dernière fois en me serrant dans tes bras... Tu es l'une des pires souffrances qu'il m’ait été donné de rencontrer jusqu'à ce jour.
Tu as ta vie, ton foyer, tes biens, une femme ou simplement une copine qui partage ta vie personnelle jusqu'à ta vie professionnelle.
La mienne est à construire. Mon permis est à passer. Je ne suis rien. Personne. Et même ce CDI m'est égal.
Tu es probablement un quadra, et moi une minette qui s'apprête à fêter sa 24ème bougie.
Tout nous oppose en somme.
Tu écoutes The Cure, je raffole de R&B. Mais je me fiche de tout ça. Je suis prête à écouter ta musique androgyne, à me mettre à lire des BD pour interpréter tes dessins. Je suis prête à me prendre en main. A voir l'avenir, à me projeter. Je suis prête à cesser de fuir. Et pour la première fois, je suis prête à dire à quelqu'un à haute voix, "c'est toi que je veux". Je suis prête à me faire mal pour te rendre heureux A. Si seulement tu savais le germe de tendresse que j'ai en moi...
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