Les aveux ...

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Découragée, 30 ans, Montréal

J'avoue que quand je le vois, je lui en veux de faire comme si je n'existais pas. J'avoue que je fais la même chose, mais ça fait mal.

J'avoue que j'avais une belle complicité avec lui, mais tout ça c'est fini depuis qu'on a essayé de sortir ensemble.

J'avoue qu'il n'a pas été honnête: je lui avais fait part de mes sentiments envers lui, et il n'a rien fait pour les décourager. Je voulais une relation stable, lui un plan cul.

J'avoue aussi que j'ai passé une nuit avec lui, mais on n'a pas couché ensemble, seulement dormi. J'avoue, je sais, j'ai pas été maligne sur ce coup-là. Je me le suis déjà reprochée, et plus d'une fois.

J'avoue que je me suis demandée plusieurs fois si la suite aurait été différente si on avait couché ensemble ce soir-là. J'en suis arrivée à la conclusion que non : depuis le temps qu'on se connaissait, si les sentiments que j'avais envers lui n'étaient pas réciproques, ce n'est pas un plan cul qui aurait changé la donne ou alors ça aurait donné une relation basée sur le sexe, ce qui aurait été pire : je me serais accrochée encore plus et je serais tombée d'encore plus haut. Il fallait d'abord qu'il fasse le ménage dans sa tête (il sortait d'une longue relation).

J'avoue qu'on travaille dans la même compagnie ; je ne le croise pas souvent (heureusement !), et toujours au détour d'un couloir, ce qui se gère assez facilement. Le plus dur, ce sont les 5 à 7 et les repas de Noël : il est super sympathique avec tout le monde, il a une excellente réputation au boulot, mais personne ne sait comment il s'est comporté avec moi (on ne l'a dit à personne et je ne suis pas du genre à faire des coups bas, je ne veux pas qu'on me considère comme la veille fille aigrie). Paradoxalement, j'ai la 'chance' d'être la seule à mieux le connaître que tous les autres ! Mais des fois, j'ai tellement envie de lui crier 'Mais regarde-moi, bordel ! J'ai pas cessé d'exister parce qu'on ne voulait pas la même chose !'.

J'avoue aussi que je ne veux pas forcément redevenir son amie : ça voudrait dire le voir heureux et évoluer avec une autre personne que moi, alors que si les circonstances avaient été différentes, ce serait moi qui serait en couple avec lui. Je voudrais juste qu'on se reparle, comme deux personnes civilisées, pour essayer de dissiper le malaise qui s'est installé entre nous depuis 1 an et demi, mais je n'ose pas faire le premier pas parce que les dernières fois que je lui ai proposé de parler, il a préféré fuir, révélant un côté poltron que je ne lui connaissais pas.

J'avoue que c'était la première fois que je faisais autant confiance à un homme et depuis, j'essaie d'en rencontrer d'autres, mais je me demande si un jour je parviendrais à retrouver un tel degré de complicité ?

J'avoue, il me manque. Et j'avoue aussi aimer penser qu'il est mal à l'aise quand on se croise, même si ça se passe seulement dans ma tête.

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