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Diogène, 22 ans, Paris
J'avoue que j'ai passé un merveilleux dimanche. Ce n'était pourtant pas parti pour. Mes Bobbys, rois de l'organisation, pour un week-end à la dernière minute m'ont délaissé pour partir tous les trois à Lyon. Dire qu'on avait prévu (j'avoue que j'avais prévu, mais je leur en avais parlé longtemps à l'avance...) d'aller voir l'expo sur la Chine à Beaubourg. Dire qu'on devait y aller en comptant également sur la compagnie de la demoiselle qui m'anime tant ces derniers temps.
Ce matin, j'ai allumé mon portable. Je ne l'avais pas appelé pour lui annoncer le départ des trois et donc le fiasco éventuel du projet Chine. Elle m'a devancé, un sms au réveil.
"On va à Beaubourg ?" Et elle signe d'un nom de bonbon... Je craque, c'est trop mignon. Un café (ne pas être trop empâté ou dans le pâté pour appeler les jeunes filles, ça aide contre les quiproquos ou les vilains jeux de mots) et je l'appelle. Embêté par l'absence des autres, je commence par là, et, Ô soulagement, elle sait déjà qu'ils sont pas là. Et elle veut aller voir un truc avec moi ?
Je sauterais bien au plafond si je n'avais pas peur de me cogner très fort et que cela s'entende au téléphone. On se donne rendez-vous à la fontaine Beaubourg, celle qui a des des sculptures de toutes les couleurs et des machines absurdes qui jouent avec de l'eau.
Et on se retrouve, des anges en face d'elle, "Vous attendez quelqu'un Mademoiselle ?
- Un ange ?"
Je re-craque.
On se cultive, on parle photo ou vernis à peintures et on s'achève dans un café. Je suis le Petit Prince qui tente d'approcher le Renard, mais ce Renard me lit comme un livre. Au jeu quels sont les caractères des uns et des autres, moi qui pensais être bizarre et incompréhensible (parfois à la limite de l'absurde ou de la folie), elle a eu mon caractère du premier coup.
Ça fait bizare d'être lu comme ça. Moi qui la croit androphobe et qui ne sais comment l'approcher... Je sais encore moins. Elle m'attire à elle, suis-je sa proie ? Destabilisé, j'ai l'impression d'être devenu le Renard, je suis parano. Elle m'interdit juste de retourner dans mon tonneau. Elle me sort la tête de la carapace.
Ce ne fut pas l'expo sur la Chine, mais c'était bien.
Et on se revoit bientôt. Et on doit faire de la musique ensemble. Et l'année commence bien...
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Diogène, 22 ans, Paris
J'avoue que je me pose deux ou trois questions depuis quelques jours.
Il y a toujours dans mon entourage une demoiselle qui m'anime, qui me donne envie de déplacer une ou deux montagnes, comme ça, pour le sport. Est-ce que pour elle je pourrais décrocher la Lune ?
Je ne sais pas. C'est peut-être une première question.
Ensuite viennent les plus épineuses.
Elle me plaît, c'est un fait. Mais suis-je amoureux ?
Deuxième question.
Je ne pense pas. On ne se connait pas assez.
J'aimerais bien la connaître... Mais elle me paraît quelque peu androphobe. Célibataire endurcie et fière de l'être, comment l'approcher ?
Pour l'instant je me prends pour le Petit Prince face au Renard dans le désert. Il faut l'apprivoiser, se rapprocher de lui progressivement, sinon il fuit ?
Je suis sorti de mon tonneau. Une seule chose est sûre : elle ne me donne pas envie d'y retourner !
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Diogène, 22 ans, Paris
Le destin est contre moi. Ma timidité aussi.
La preuve ?
J'ai vu, comme c'était presque prévu, La demoiselle qui m'anime ces derniers temps.
Je pensais à St Michel, St Germain des Prés, ou Notre-Dame lancer une grande chasse à l'ange, danser une valse avec Elle, à défaut de n'avoir pu apprendre la polka jusque là, mais rien de tout ça. Nous nous sommes retrouvés dans un quartier qui m'était inconnu, et il n'y eut ni valse, ni chasse à l'ange. Juste des amateurs de Diabolo, sur la butte Montmartre, à discuter arts et amis... C'était bien comme commencement...
Mais depuis peu sorti de mon tonneau, je suis crispé, un peu... Je ne le montre pas, mais ça doit se sentir...
On continue de se promener, on pense très fort à Amélie Poulain, je me dis que je pourrais très bien être Nino Quincampoix... Et on rejoint un groupe de futur camarades de travail. Je ne suis pas à l'aise du tout parmi tous ces gens que je ne connais pas. Le rendez-vous qui aurait pu être galant glisse, plein de gens. Ellipse. Mon téléphone sonne d'une tonitruante chevauchée des Walkyries poussant mon désir de m'enfouir très profondemment sous la terre à son paroxisme. C'est ma meilleure amie qui vient de sortir du boulot et qui me rappellera plus tard, qui voulait juste savoir ce que je faisais et où j'étais (c'est trop mignon, on dirait presque qu'elle s'inquiète pour moi ; il faut dire elle m'avait eu au tél plus tôt dans la journée alors que je me morfondais de ne pouvoir joindre La demoiselle qui m'attire tendrement...). Un éclat de rire reconnaissable entre tous la renseigne immédiatement. Il est 20h30, j'ai faim. Je demande à La demoiselle ce que nous faisons après, avant que nos carosses ne se changent en citrouilles. Manger ? Ou Elle lit dans mes pensées ou nos estomacs sont synchronisés. Je transmets à l'autre bout du fil, les réactions sont mitigés, ils nous rappellent plus tard... Fin de communication.
Nous descendons ultérieurement une rue, Elle et moi, on se chamaille un peu, on se rapproche un peu aussi, on s'amuse et on se sourit. L'empoté sommeille en moi, timide mais pas trop... Je suis presque décontracté... Je suis loin du tonneau, les autres me laissent un peu de temps... Vais-je L'enlacer, Lui faire part de ce que je ressens ? Elle j'avoue que je veux... Un bus s'arrête au feu à côté de nous. Des gens s'agitent, frappent au carreau, je mets un temps à réagir ; mais je reconnais ma meilleure amie et son mec. Je suis partagé entre la joie de les voir et le dépit de perdre ce dernier moment presque en tête-à-tête avec Elle. On se regroupe, on se pose dans un parc, on me jette de l'herbe à la tête, j'ai envie de rentrer dans mon tonneau.
On dîne, je me retrouve avec non plus une, ni deux mais trois demoiselles toutes trois extrêmement aimables et extrêmement jolies. C'est plaisant, très sympathique même, mais deux sont mes meilleures amies et l'une fait battre mon coeur d'artichaud. Je me sentais de nouveau moyen à l'aise. Encore moins quand elles se sont mises à parler toutes les trois des tailles de pénis de leurs ex respectifs... Ellipse. Sortie du restau.
Métro. Un regard, le sien qui me transperce jusq'au fond de l'âme, je ne sais pas quoi faire. J'ai été un parfait muet toute la soirée. Mais ce regard, est-ce là le signe que j'attendais ? Je ne sais pas, je panique, je sais pas quoi faire. Je suis un empoté, un handicapé par trop de timidité.
Au revoir expéditif. Aïe. J'ai envie de me détester. Pourquoi est-ce que j'arrive pas à communiquer des choses si simples pourtant... ?
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Diogène, 22 ans, Paris
Parfois il faut faire attention à ce que l'on dit quand même, ou ça peut être gênant...
Il y a deux ou trois semaines, j'ai rencontré une charmante demoiselle par l'intermédiaire de ma meilleure amie, le genre de demoiselle juste comme j'aime, vraiment, et on a sympathisé. On s'est recroisé.
Puis on s'est découverts des points communs, des terrains d'entente, et j'arrive enfin à obtenir sans avoir l'air d'être un gros lourdaud le numéro de téléphone de cette demoiselle qui m'anime tant.
Hier soir, je l'appelle. Tout se passe bien, le feeling réciproque est toujours là, on a une discussion totalement absurde mais vraiment délicieuse et lorsqu'elle me fait la remarque que cette conversation est vraiment absurde, je souhaite répondre quelque chose du genre "est-ce que tu aimes faire des jeux mots ?", je ne tourne pas ma phrase comme ça et je me rends compte de la double interprétation possible qu'au moment où je suis en train de la prononcer. Je ne l'ai pas fini qu'elle me saute verbalement dessus et que je plaide un adjectif final qu'elle n'aurait pas attendu...
Ça donna un truc du genre :
- Mais n'aimes-tu pas jouer avec la langue...
- Quoi ? C'est quoi ces idées mal placées Monsieur ?
- ... langue française, tu n'as pas attendu mon adjectif, euh...
Et votre serviteur/avoueur de tenter ensuite de se dépêtrer de cette mélasse...
Ça l'a beaucoup fait rire, heureusement...
Mais j'étais vraiment tout rouge...
Heureusement que ce genre de choses ne se voit pas au téléphone...
Je la vois la semaine prochaine...
J'ai un peu le trac, mais c'est si bon...
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