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Jean-miiiii, 23 ans, Québec
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J'avoue, je suis au bout du rouleau, complètement, j'ai tenté de consulter mais... pas toujours facile de se faire comprendre quand moi-même j'ai de la difficulté à comprendre ma situation. Donc, je me lance...
J'ai 23 ans, et depuis le plus loin que je me souvienne, j'ai toujours eu bien de la difficulté à exprimer ce que je ressens. La plupart du temps, je n'ai pas osé dire un seul mot sur mon état, car j'avais peur de faire rire de moi (une grosse erreur, non ?). J'ai toujours "refoulé" ces sentiments loin en moi, en tentant de ne rien laisser paraître et de vivre outre ces problèmes qui me tracassent.
Comme bien des gens, je me faisais intimider à l'école primaire. Ce qui me faisait le plus de peine à ce moment, c'est que mon frère ne me défendait pas et me laissait seul. Il savait que j'allais me laisser dire des bêtises longtemps, très longtemps, mais qu'à un moment donné, j'allais exploser de violence envers ces gens, et il aimait ça me voir défendre de cette façon (j'avais à peine 7 ou 8 ans que j'utilisais déjà la violence pour me défendre, et ça fonctionnait). À l'école secondaire (12 à 17 ans), pratiquement plus personne n'osait me dire une insulte, car à 12 ans je faisais déjà 1m87 pour 220lbs (environ 100kg), j'ai gagné le respect de ceux qui avaient le profil de petits emmerdeurs qui m'ont collé durant tout le primaire. C'était, pour moi, une réussite de ce côté...
Sauf qu'à ce moment, je n'osais pas m'exprimer comme je le voulais, car je ne voulais pas qu'on me juge pour chaque chose que je dis ou que je fais, comme l'ont fait ceux au primaire. Donc, je faisais ma petite routine d'écolier qui ne s'exprimait pas, qui restait très gêné, qui avait un petit cercle d'amis qui s'entraidaient dans certaines situations pénibles, mais je continuais à ne pas m'exprimer pleinement, même à eux.
J'ai toujours eu de la difficulté à trouver ce qui m'intéresse réellement dans la vie. Je n'ai jamais été passionné par quoi que ce soit, dans ce temps là j'avais mes amis, quelques activités que j'aimais faire, j'avais quelques hobbys, mais rien à ce qui a trait aux choses les plus communes de la vie (je n'aimais pas les sports car je détestais la compétition, je n'étais pas habile de mes mains, j'ai toujours eu peur de faire du théâtre ou toutes autres formes d'arts car j'étais incapable de m'exprimer... foutu problème qui me suit depuis que je suis né). Dans ce temps là, mes consoles de jeux vidéos étaient mes meilleurs amis (quoique, je n'ai jamais été meilleur que les autres dans ce domaine).
J'ai longtemps tenté d'améliorer mon sort, j'ai rencontré des travailleurs sociaux et autres intervenants dans mes écoles, et si, du moins, j'ai bien suivi un de leurs conseils, c'était de tenter de me dépasser dans ce que j'ai peur de montrer aux autres. Pour ce faire, je me suis inscrit dans un centre de conditionnement physique, j'ai continué à voir mes amis et j'ai rencontré de nouvelles personnes, j'ai fait plusieurs efforts pour me faire reconnaître, car je sentais que ma confiance en moi revenait peu à peu.
Vers mes 16 ans, je me sentais bien mieux et ça paraissait. Par contre, à cet âge, il est grand temps de déterminer dans quelle carrière on veut se lancer dans la vie. Cela fut une nouvelle grosse épreuve pour moi, car malgré que j'avais ma confiance en moi à bloc, je n'avais aucune idée de ce qui s'en venait.
Je n'ai jamais eu la moindre once d'idée de ce que j'allais faire plus tard. J'ai rencontré plusieurs orienteurs de professions, qui eux-même ont trouvés que mon profil était difficile à cerner et la tâche fût bien compliquée... J'ai tout de même tenté le coup dans une formation collégiale, qui était tout de même une belle formation, mais qui n'était pas ce que je me voyais faire plus tard. J'ai fait cette formation sur 1 an et demie sur les 3 ans que ça demandait. J'ai travaillé le temps de me retrouver autre chose. J'ai refait des grosses démarches pour trouver une autre formation qui me plairait, et j'ai fini par trouver. Donc, je me suis inscrit dans cette formation, elle aussi de 3 ans. Au tout début ça allait, je me suis même donné la peine de chercher une entreprise dans ce domaine pour aller travailler durant les vacances d'été, pour me donner un aperçu et de bonnes expériences (je ne laisse rien de côté, je ne veux plus faire d'erreur et tout recommencer). J'ai travaillé fort, et j'ai réussi la formation. Par contre, je l'ai réussie parce que j'étais rendu trop orgueilleux pour abandonner, car je le voyais qu'encore une fois, ça ne me plaisait pas à long terme. Je me disais que "lâcher, c'est pour les faibles" et que je n'étais plus "faible" comme je l'ai toujours été (on voit bien, rendu là, que je suis très difficile avec moi-même, je n'endurerai plus jamais une défaite qui viendrait de moi).
Donc, j'ai travaillé dans ce domaine durant un an, mais j'étais malheureux de le faire. Je me disais que j'allais renflouer mon compte en banque pour rembourser mes dettes dues aux études et me relancer dans autre chose. Sauf que j'ai perdu dans ce jeu; Mes supérieurs ont remarqué que je ne satisfaisais pas aux exigences de l'emploi et qu'il était mieux pour moi de me mettre à la porte. Je me suis retrouvé sans emploi, en ayant moins de dettes mais sans économies, et surtout, sans trop savoir ce que je veux faire. J'en suis rendu là dans ma vie.
Je n'ai pas parlé de mes relations amoureuses tout à l'heure, mais cela fait aussi partie de mes énormes angoisses que je vie présentement. Comme vous savez, j'ai eu un énorme manque de confiance en moi dans ma jeunesse jusqu'à 16 ans, ce qui n'aide en rien dans la recherche d'une partenaire. Sauf que c'est à partir de mes 16 ans que j'ai eu quelques histoires d'amour, qui n'ont jamais durées plus de 5 mois. J'ai eu ma dernière blonde à mes 18 ans !
Depuis, pas une seule femme n'est entrée dans ma vie, un peu par choix, beaucoup par le fait que je ne me sentais peut-être plus aussi bien dans mon corps qu'à mes 16 ans. Car dès que j'ai montré mes signes de faiblesses par rapport à mes choix de carrière, j'ai signifié également un manque de confiance en moi, qui revenait peu à peu me hanter. J'ai 23 ans, donc c'est très difficile à vivre, surtout avec des tentatives très infructueuses...
Vers mes 20 ans, une cloche a sonné dans ma tête, je me suis demandé si je n'avais pas une attirance vers les hommes... En fait, je me suis toujours posé la question, mais, encore une fois, je ne voulais pas me faire juger par les autres!!! J'ai toujours aimé mes copines, mais à quelque part je sentais que je pouvais avoir la même attirance envers les hommes... Je suis maintenant pris devant un grand obstacle; je n'ai aucunement l'envie d'annoncer ce genre de choses à mes proches, car certains sont complètement contres les couples homosexuels (même en 2015), alors que j'ai moi-même bien de la difficulté à m'accepter tel que je suis. Je le sais que ça me ferait un énorme bien de me libérer de ce secret, j'ai un ami gay qui a vécu cela qui est pleinement affirmé et qui vit maintenant très bien avec ça et ses proches aussi. Bref, c'est très embêtant et je ne sais pas trop quoi faire...
J'espère que j'arriverai à me frayer un chemin à travers tout ça, pour un jour vivre en harmonie avec moi. Il faut apprendre à s'aimer soi-même avant d'aimer quelqu'un d'autre.
- D'un gars qui semble normal et heureux mais qui ne l'est pas.
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