Mushroom Hunting, 21 ans, Par là bas
J'avoue qu'en ce moment j'ai très peur, et que ce n'est pas bien.
J'avoue qu'en ce moment mon amour est chez ses parents, mes "beaux parents" en quelque sorte, et que j'ai peur qu'ils lui montent la tête contre moi, qu'ils finissent par réussir à le convaincre que je ne suis pas "le bon choix", que je ne suis pas une fille pour lui...
J'avoue que je sais très bien que ce n'est pas bien de ne pas avoir une confiance absolue en lui...
Mais j'avoue aussi que l'année dernière, ils ont réussi à le pousser à me quitter pendant quelques semaines...
Alors je l'avoue : j'ai peur.
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Mushroom Hunting, 21 ans, Par là bas
J'avoue que des fois moi aussi j'ai bien envie de tenir un blog pour me défouler et me donner l'impression de me confier à quelqu'un, même quand je n'ai "personne sous la main". Je vais pas appeler ma moman à 4 h du mat quand même, même si je sais qu'elle me dit toujours que je peux...
J'avoue que ça me fait bien c.... de devoir me replonger dans toute cette histoire, et que je le fais vraiment pour mon amour.
J'avoue que selon moi la belle famille est une des pires inventions de ce monde, après la guerre et les chemises à carreaux, et que si on y a mis l'adjectif "belle", c'est bien parce qu'on sentait déjà à l'avance que ça allait mal se passer.
Il y a un an et demi, je ne me suis pas comportée assez poliment pour eux. Il se sont imaginé que je les foutais dehors : j'avoue que j'aurais bien voulu, j'avoue que j'étais crevée et qu'à onze heure du soir j'ai autre chose à faire que papoter autour d'un café et que je n'aime pas le café. Mais je ne les ai pas foutu dehors, j'ai été polie et serviable, juste moins souriante que d'habitude et en train de régler mon réveil pour le lendemain, et ils ont tout interprété, m'ont habillé pour l'hiver au repas de famille suivant, se sont mis à me reprocher plein de trucs débiles, anéantissant en une demi heure tous les efforts que j'avais fait depuis des mois. Ils m'ont fait du mal, ils ont demandé à mon amour de choisir (juste pour une histoire de politesses et de susceptibilité mal placée), ils ont failli me faire perdre l'amour de ma vie... J'ai le sentiment d'en avoir fait énormément, et pour eux ce n'était pas assez. Conclusion : ça ne marchera jamais, alors pourquoi se forcer ? Du moment que je les accepte, que je suis polie et que je fais mon devoir, pourquoi jouer la comédie de la complicité qui ne mène qu'au drame ?
Mais non : j'avoue que pour que mon amour arrête de se prendre des réflexions, il a fallu que je me replonge dans cette histoire, et j'avoue qu'en ce moment je me sens faible et que c'était bien mieux quand je n'y pensais plus. J'avoue que c'était un sacrifice, que ca aurait été plus facile de faire l'hypocrite "oui oui excusez moi j'ai eu tort" et de n'en penser pas moins.
J'avoue que dans le passé j'ai fait comme dans la chanson de Vincent Delerm "les parents" : "chuis prêt à touuuut, pour qu'ça passe, carresser leur chien dégueulasse ; me taper toute la Traviatta; et même regarder Tha-la-ssa" ; et qu'aujourd'hui je me contente de dire bonjour aurevoir merci, et quand même de leur jurer mes grands dieux qu'ils n'ont pas à avoir peur de moi, que si un jour il y a des petits enfants ils les verront, que je les estime en tant que parents de mon amour, qu'ils ont fait du bon boulot, et tout ça et tout ça...
Mon véritable aveu c'est ça : c'est que là j'ai un moment de faiblesse, qu'à certaines secondes j'ai des envies de tout arrêter pour être définitivement tranquille, pour que ces gens qui m'ont fait du mal ne soient plus que des gens qui m'ont fait du mal, et pas mes beaux parents...
Mon véritable aveu c'est ça : c'est qu'en me replongeant dans la douleur, j'ai fait un sacrifice, et que je me plains honteusement de ce sacrifice. Que là, à 4 heures du matin, je pense plus à ma douleur qu'à ce que tout ça peut apporter à mon amour.
Ca va passer...
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