Les aveux ...

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Nathanael, 23 ans, Liège

Me voilà présentement, avec un estomac vide et gargouillant, à tenter d'imprimer mes pensées dans ce petit rectangle virtuel couleur lilas... Car j'ai du mal à extirper parfaitement mes pensées face à toi, et surtout, immédiatement après les petits événements qui m'inspirent ces idées... Petits événements qui finissent par former un agrégat et s'organiser en un réseau cruel dans mon coeur... Petits événements qui finissent par percer la surface et ma réserve de larmes, plusieurs heures après t'avoir vu... J'ai toujours l'envie de garder intacts les sentiments du tout début d'une relation, que ce soit en amour ou en amitié (que je préfère à l'amour, sans doute car elle est relativement moins fragile et précaire...). J'ai toujours la peur, la crainte de perdre les gens qui forment mon entourage, de voir leur comportement envers moi se modifier, de les voir devenir plus distants (je me rends compte en parcourant ces lignes que je semble être quelqu'un de dépendant et d'émotif !)...
J'aimerais que tu regardes mon visage avec toujours la même intensité, avec des plissures au coin de tes yeux brillants et souriants, en décelant profondément mon état d'esprit... J'aimerais que tu me serres toujours autant dans tes bras, en passant ton menton dans mon cou, tandis que je ferme les yeux en respirant ton odeur... J'aimerais que tu me parles plus, que tu me regardes plus, que tu me touches plus, pour employer un terme général... Pourquoi ai-je l'impression que le sexe vient prendre tout lentement le pas sur le reste et l'effacer ? Pourquoi ai-je le sentiment de commencer à ne plus servir qu'à "ça" ? Pourquoi ai-je l'impression d'un vide d'indifférence, de froideur de plus en plus grand entre nous ? Pourquoi ai-je l'impression que tes colocataires et mes propres amis sont beaucoup plus chaleureux et proches de moi que tu ne peux l'être? Pourquoi ai-je envie de commencer à te hair ? C'est cruel, cela ne fait qu'un mois et demi que nous sortons ensemble ! Ne me prends pas pour acquise... Quand tu me téléphoneras, je te dirai que je ne veux plus te voir avant la fin des examens, que je ne peux préparer que la tête calme et vide d'affects...

J'avoue que je ressens un certain plaisir à étaler mes sentiments anonymes aux yeux de quelques milliers d'inconnus (car je me demande quelles seront leurs pensées face à ce que j'ai écrit)... J'espère - si ces lignes paraissent sur le site - que je sourirai sans aménité, ni tristesse, ni regrets, en les relisant dans quelques mois.

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