Les aveux ...

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Natural & Actual Brune, 15 ans, Châtains clairs'City

J’avoue que la vie n’est pas rose tous les jours.
J’avoue que je me demande ce que peut faire une adolescente paumée quand elle doit prendre une décision importante pour sa vie future.
J’avoue que je suis dans ce cas.
J’avoue que je n’ai pas de chance, je ne suis pas trop mauvaise en cours.
J’avoue que c’est handicap. Certains diront qu’ils aimeraient être à ma place, je la leur cède volontiers.
J’avoue que je n’ai pas de don particulier, pas de passion. C’est terrible parce que rien ne me plaît réellement dans la vie. Pour moi, c’est tout ou rien. Ou je fais de grandes choses, ou alors rien. Et c’est ce « rien » qui me fait peur. Parce que je sais que je n’ai pas les capacités de faire quelquechose de vraiment bien dans ma vie. C’est terrible pour moi de me dire que je ne parviendrai à rien. Strictement rien. Parce qu’il ne faut pas rêver, je suis peut-être douée à Gien, bled paumé du Loiret, mais si j’allais ne serait-ce qu’à Orléans, on se rendrait compte de ma médiocrité. Ici, c’est étonnant que personne ne s’en rende compte.
J’avoue que je ne sais pas vers quoi me tourner. C’est trop dur pour moi. Je ne suis pas assez compétente. Vous penserez que c’est de la fausse modestie. Libre à vous de le faire. Il est vrai que j’ai 17.5 de moyenne, mais est-ce que ça compte réellement ? Ce ne sont pas MES compétences, MES savoirs, ce sont des notes que j’obtiens parce que les profs sont indulgents, pas parce que je les mérite. Je n’ai aucun mérite à obtenir ces notations et ces appréciations mélioratives sur mon travail. Parfois, le soir, j’en viens à supplier mes oreillers (pathétique !) de recommencer ma vie à zéro, pour que je puisse trouver ce qui me plaît, pour que je naisse ailleurs, pour que les profs se rendent compte de leur méprise, arrêtent de me mettre ces notes et jugent mon travail réellement, c’est à dire en le trouvant médiocre, inévitablement. Mais cela n’arrive jamais, ils restent sur leur impression de départ et n’ouvrent pas les yeux.
J’avoue que la seule chose qu’ils obtiennent en faisant ça, c’est d’établir le caractère que j’ai. Beaucoup trop compétitive, trop perfectionniste, trop exigeante avec moi-même, trop basée sur mes notes.
J’avoue que quand j’entends quelqu’un râler parce qu’il a eu une note moyenne, j’en suis réduite à l’envier en me disant que si j’avais appris à « perdre », à avoir des notes moins pharamineuses, je serais peut-être mieux dans ma peau. Une autre partie de moi dit que je ne supporterais pas de ne pas être la meilleure. C’est effrayant de s’apercevoir qu’on ne vit que pour ses notes, pour être la meilleure. Qu’il n’y a que cela dans votre vie. Que sans les cours, c’est vide.
J’avoue que je ne sais pas pourquoi je suis ainsi. Ma meilleure amie fera un bac L, elle est sincèrement et réellement douée, même le surhomme m’a fait part de son admiration pour son style littéraire… Elle ira loin dans la branche qu’elle aura choisie. C’est certain.
J’avoue que, vraiment, être doué quelquepart, c’est excessivement subjectif.
Sincères condoléances à tous les indécis de la planète.

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