Les aveux ...

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Rebelleauboisdormant, 35 ans, Genève

J'avoue avoir fait de l'escorte durant plus de 2 ans pour gagner de l'argent rapidement. J'ai arrêté quelques mois et j'ai replongé dernièrement... Pour faire la pute il faut : une mauvaise estime de soi, aucun respect pour son corps et une certaine haine des hommes... Etre sexy un minimum aussi ! J'ai utilisé ma dépendance sexuelle et mon physique avantageux pour gagner de l'argent... j'ai mené une double-vie en cachant ce que je faisais à mes enfants, mon entourage. Mon ami était au courant, il a tenté de m'acheter pour que j'arrête, mais je refuse d'être une pute privée. Je me dégoûte et je suis fière. Je ne sais pas comment je fais pour faire tout ça avec des inconnus. Je suis fière quand ils me disent que je suis belle, etc. Ca me valorise, car je me dis qu'un homme ne paye pas pour n'importe quelle femme une certaine somme d'argent. Pourtant en faisant cela, je trahis la petite fille que j'étais, la femme que je voulais devenir, j'espère surtout que mes fils ne sauront jamais ce que j'ai fait pour pouvoir les nourrir.
J'avoue que je suis artiste et je n'ai pas de boulot fixe, cette insécurité me pèse. J'ai recommencé car il y a une sorte de facilité à gagner de l'argent en se servant de son corps... Mais après je suis mal, mon corps pèse des tonnes, j'ai envie de dormir, ça fait passer dans un monde irréel. Pourtant peut-être que ce genre de relation qui semble si malsaine est plus franche que d'autres relations, car on définit exactement ce qu'on donne et ce qu'on reçoit. Mais j'ai peur des nouvelles rencontres, de finir la gorge tranchée avec ma tenue de pute.... La vie a fait de moi ce que j'aurais ne jamais voulu devenir. Je ne suis pas une profiteuse, ni une victime, ni une nymphomane, je suis une femme blessée qui n'en peut plus de faire semblant. J'aimerais devenir grosse et moche pour que définitivement on ne veuille plus payer pour moi. Ca pèse lourd sur mes épaules, j'ai besoin de partager ce poids énorme. Je sais qu'on juge durement les femmes qui se prostituent. Je ne suis pas la seule à survivre en vendant son corps, mais je suis seule dans ma douleur d'être cette femme qui se partage entre tous et qui n'appartient même pas à elle-même.

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